Techniques agricoles et transformation des produits

Objectifs spécifiques

- Participer à l’autosuffisance alimentaire et à la diversification de l’alimentation ;

- Développer des techniques agricoles durables tout en améliorant les rendements ;

- Valoriser les productions agricoles locales pour créer de la plus-value dans les zones de production ;

Faciliter la conservation des produits alimentaires.

Fiche technique

Jardin expérimental

Grâce aux compétences de notre personnel, nous réalisons chaque année dans la cour de la base un jardin à vocation expérimental, afin de montrer aux populations quelques techniques simples à mettre en œuvre et peu couteuse pour améliorer les sols et la qualité des produits. Nous pouvons aussi reprendre des techniques vus chez un agriculteur pour qu’elles soient reproduites à plus grande échelle :

Utiliser et préparer la fumure organique, enlever les gourmands des tomates, espacer les semis, diversifier les produits maraîchers, mettre en place des systèmes simples d’irrigation sont autant de techniques que nous montrons, que nous expliquons et que les paysans reprennent peu à peu à leur compte dans leurs propres champs.

Certaines techniques comme les gourmands sont reprises tel quel, d’autres sont améliorées pour correspondre aux réalités locales (comme les « racines profondes » – voir ci-dessous), grâce à un échange permanent avec la population.

  

Arboriculture

Les planteurs, réunis en coopérative, nous ont fait part d’important problème d’alimentation en eau de leurs vergers. C’est pourquoi nous travaillons sur différentes techniques qui leur permettraient d’économiser le précieux liquide.

   

D’ailleurs, les planteurs ont été les premiers sur la zone a expérimenté les pompes Nafasoro d’irrigation à pédales. Nous avons ensuite suivi leur exemple à la base, et les pompes se sont multipliés sur la zone, tant dans les jardins privés que dans ceux des associations féminines.

"Arbres à racines profondes"

 

Plusieurs planteurs nous ont aidé à expérimenté la technique dans la cour de la base. Depuis, ils viennent régulièrement constater les effets bénéfiques de la technique.
Et lorsque nous présentons la formation aux membres de la coopérative, tous viennent immédiatement voir grandeur réel le processus.

Mais l’engouement le plus fort a été pour le manguier planté à proximité du puits perdu, qui a poussé deux fois plus vite que les autres…

"Cuvette d'arrosage"

Ayant constaté que de nombreux arbres contractaient des maladies à cause de l’arrosage du tronc, notre chef de projet a encouragé les planteurs à creuser des cuvettes autour de ceux-ci et d’arroser la cuvette. Au bout d’un an, certains planteurs notaient déjà un meilleur rendement sur leur parcelle !

D’autres conseils très simples, comme d’arroser les arbres même à maturité à la période de production des fruits, permettent aux planteurs, qui ne se sont que récemment adonnés à cette activité, d’améliorer leurs méthodes de production.

 

Engrais organique

Compost

La récupération des déchets organiques pour enrichir les champs est de nouveau pratiquée sur la zone, mais cela reste marginal, alors que de nombreux paysans s’endettent pour acheter des engrais chimiques, qui peu à peu appauvrissent leurs terres.
Nous cherchons donc à montrer l’exemple, en utilisant exclusivement le compost pour notre jardin expérimental, et en montrant comment le constituer pour qu’il soit le plus efficace possible.

   

Tourteaux de pourghère

Les résidus du pressage de la pourghère constituent un excellent engrais, aux propriétés équivalentes au fumier de volaille. Nous faisons donc également la promotion de cet engrais organique facilement valorisable.

 

 

Transformation des produits agricoles

Outre les difficultés de production, les agriculteurs, les arboriculteurs en particulier, sont confrontés à un problème d’écoulement des produits : en effet, ils sont tous vendus frais, en même temps dans tous le pays, ce qui a plusieurs conséquences néfastes :
- les prix s’écroulent à la période de production
- une partie des produits ne peut être vendus car l’offre est plus importante que la demande, ou à cause de problème d’enclavement. Une partie de la production est donc condamnée à pourrir. Cela est particulièrement visible pour les fruits comme les mangues ou les goyaves.
C’est pourquoi nous aidons les agriculteurs à trouver des solutions, à la fois pour conserver et pour ajouter une plus-value à leurs produits.

Pâte de fruits

La goyave pourrit très rapidement et sa saison de production est très courte. Nous avons expérimenté la pâte de goyave, technique qui commence à être reprise par quelques femmes du village.
Avantage : elle peut se conserver très longtemps et, coupée en morceaux, peut-être conservée dans les paniers fabriqués localement.

   

Confitures et coulis

Autre technique : la confiture.
Oranges, mangues, de nombreux fruits peuvent être conservés ainsi. On trouve des pots en verre à moindre couts sur le marché de Sikasso et elle est très appréciée tant par les enfants que par les adultes !
Plusieurs femmes commencent aussi à conserver les tomates sous forme de coulis, notamment pour en avoir de disponible au moment de la fête de la Tabaski (l’Aïd), période à laquelle les produits maraichers ne sont pas forcément disponible et ou tous les prix augmentent démesurément...

   

Séchage

Suite à de nombreuses discussions sur les quantités importantes de mangues perdues par manque de débouchés, mais aussi à des échanges avec la Chambre des Métiers de Sikasso, qui nous a montré des mangues séchées fabriquées au Mali, nous avons construit un séchoir solaire dans la cour de la base.

Nous avons de nombreuses fois discuté du séchage des fruits aves les populations, mais rares sont ceux qui le pratiquent.

Nous voulons donc montrer l’intérêt de la technique, à travers le séchoir, mais aussi à travers un livre de recettes maliennes (disponible à la bibliothèque du CIAGE) qui permet de montrer l’utilisation de ces produits séchés dans les bouillies ou dans les sauces.
En enlevant simplement la grille, celui-ci permettra également de chauffer les noix de pourghère pour les presser plus facilement.

Pour en savoir plus sur la pourghère, cliquez ici.

    

De nombreux essais ont montré la pertinence du séchage dans cette zone, car beaucoup de produits se prêtent à cette transformation. D’ailleurs, plusieurs femmes sont venues faire leurs propres essais et ont pu en retirer un résultat très satisfaisant, tant sur la conservation que sur les propriétés gustatives.

Voici quelques produits testés avec succès : mangues, bananes, tomates, haricots verts, carottes, aubergines, céleri, échalotes, poisson.

         

   

A partir du prototype de la base, un autre séchoir, plus grand, a été conçu, en partenariat avec l'entreprise INACOM de Koulikoro.

Il a été installé à N'Tiobougou, pour l'association des femmes qui l'utilise pour transformer  sa production d’échalotes en échalotes séchées.

   

En savoir plus sur la filière "échalotes" des femmes de N'Tiobougou

Actions d’accompagnement

- Propositions de techniques en fonction des besoins exprimés par les populations

- ou promotion et amélioration de techniques existantes déjà pratiquées dans la zone par quelques individus

- Premiers tests et démonstration à petite échelle, dans la cour de la base

- Premiers tests effectués avec les personnes intéressées localement, pour faciliter l’intégration et l’amélioration de la technique

- sur les gros ouvrages, implication d’entreprises locales lors de la conception, facilitant l’extension de la technique

- Suivi par notre commission technique

- Quand les résultats des tests sont positifs, promotion de la technique et reproduction à plus grande échelle, en suivant les demandes des autorités et populations locales

- Accompagnement pour l'intégration de ces techniques dans un processus plus global, par exemple la filière échalotes séchées de la production à la commercialisation.

Spécificités des réalisations

Pour la transformation des fruits, nous pensions que les expériences seraient reprises par les planteurs. Pourtant, ce sont les femmes qui se sont appropriées les techniques de transformation !

Nous continuons à faire des essais pour améliorer les performances du séchoir solaire de N’Tiobougou. Plus il sera performant (temps et qualité de séchage) et plus il sera facile d’encourager d’autres structures ou personnes à commander ce matériel ! Matériel qui pourra facilement être reproduit au Mali, puisque le premier séchoir a été fabriqué par une entreprise malienne.

   

Résultats

De plus en plus de fosses à compost sont visibles dans les jardins, les excréments des troupeaux sont ramassés, et de plus en plus d’éleveurs bovins pratiquent l’élevage en enclos, ce qui leur permet de réutiliser facilement les excréments de leurs bêtes.

Quelques femmes produisent chaque année coulis et confiture pour leur consommation personnelle, mais aussi pour leur entourage, qui est très demandeur !

A N’Tiobougou, même en dehors du séchoir, les femmes font sécher une partie de leur production pour la conserver. Car le séchoir solaire permet d'accélérer le processus et de limiter la poussière, mais il peut aussi être pratiqué bien plus simplement, sur les toits des maisons.

La technique fait parler d’elle et on peut espérer que les produits séchés se multiplient dans les villages alentours.

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